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DE L’ENJEU DU REDRESSEMENT NATIONAL

Le Sénégal a  réussi à faire émanciper son Etat. Seulement, l’encadrement de l’utilisation des ressources publiques reste ultra problématique, parce que la concussion et l’enrichissement sans cause sont devenus deux plaies chroniques qu’aucune thérapie n’a permis, entre 1983 et 2018, de soigner.

L’intensification continue de la réclamation, sa progression, sa permanence et sa consistance confirment le fait que la non-rationalisation de l’utilisation des ressources publiques demeure la cause du non développement, du Sénégal. Il serait utile que les dépenses exécutées soient étudiées afin de connaitre, entre 1970 et 2018, le niveau des centres de coût et celui des réalisés.

La problématique, aujourd’hui hui, dépasse un audit mais exige une analyse exhaustive des dépenses engagées et leur impact d’autant que le niveau de développement général reste, toujours, au-dessous de zéro alors que l’immensité des dépenses engagées n’arrête de croitre, sans cesse.

Une analyse des coûts enregistrés à travers la dépense publique surprend, étonne et inquiète dans la mesure où il est difficile, par exemple, d’évaluer l’impact du financement du développement. Rien ne permet de justifier le niveau très élevé des centres de coût, une fois, comparé à la faiblesse de l’état de développement national.

C’est pourquoi une étude de l’impact de l’obésité des dépenses publiques s’impose, dans la mesure où construire l’avenir commande une analyse complète de la pratique de la gouvernance depuis 2000.

Par ailleurs, l’offre de gouvernance déployée au Sénégal n’est pas en corrélation avec la demande en rupture exprimée par le peuple qui estime, toujours, que l’hégémonie occidentale demeure vivace. Alors qu’un tel état de fait entretient l’accentuation du non-développement du Sénégal. Cette situation se manifeste à travers la non amélioration des services sociaux de base, l’inactivité de la jeunesse du fait du non-travail, les dysfonctionnements enregistrés dans le service public médical et, surtout, l’escalade de l’anarcho-syndicalisme dans l’Education nationale.

D’autre part, le Sénégal a modifié les fondamentaux institutionnels relatifs à l’encadrement de certaines entreprises du parapublic. Ce processus a abouti, naturellement, à l’ouverture de leur capital à des non-nationaux. Ainsi, certains sous-secteurs stratégiques comme la Sonatel, la Sde ont partagé les actions avec des partenaires étrangers.

Il convient, après 50 années de la construction de l’économie du Sénégal, de reconnaître la faiblesse du système de pertinence politique conçu, mis en œuvre depuis 1970 et qui, aujourd’hui, a montré ses réelles limites.

En réalité, le faible niveau de l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base confirme la persistance de la pratique de la mal gouvernance au Sénégal.

La dérive en gouvernance n’est plus un effet mais une cause

 C’est pourquoi une nouvelle démarche, capable d’éradiquer la gabegie et la concussion, devient une nécessité. Car l’Etat s’engage dans une voie sans issue et personne, au niveau de son sommet, ne semble pouvoir s’en rendre compte : la dérive en gouvernance n’est plus un effet, mais une cause.

En fait, l’état de la Nation condamne les compétences décisionnelles à reconsidérer leur faire-faire en gouvernance. En effet, la faiblesse de l’offre de gouvernance, la non rationalisation de l’emploi des ressources publiques et la non amélioration de l’accès aux services sociaux de  base, raisons de l’escalade de la réclamation, démontrent la nécessité de corriger la marche de l’Etat et l’urgence d’engager un redressement national de haut vol.

Le redressement à opérer serait un meilleur encadrement de l’utilisation des ressources publiques, une attention particulière soutenue accordée au financement des projets de développement et une requalification des priorités.

Ali Billy DIOP

Flagrant.net

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