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VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : Le décompte macabre, de Fama Niane à Bineta Camara

La criminalité semble avoir pris un nouveau visage, au Sénégal. Elle s’oriente désormais vers les individus de sexe féminin, particulièrement les filles-mineures qui deviennent la cible des criminels. Ces 13 dernières années, il y a eu une montée en flèche de la violence basée sur le genre. Selon l’Association des juristes sénégalaises (Ajs),  982 cas d’exploitation sexuelle ont été enregistrés sur 1 637 affaires liées à des violences recensés, en 2018. En 2016, 3 600 viols ont été recensés par les femmes juristes. Courant année 2017-2018, 565 viols et 176 meurtres dont des femmes sont traités par les tribunaux sénégalais.  S’y ajoutent les cas frappés d’impunité, laissant les victimes et leurs familles dans le désarroi face aux failles d’une Justice incapable de leur faire droit. Une si longue liste d’innocentes qui motive les justiciables à évoquer le retour de la peine de mort tant réclamée par les religieux (Touba, Ndiassane, Léona) et réprouvée, par contre, par l’Eglise. L’Ong Jamra dégage une troisième position enproposant un referendum à l’effet de permettre aux Sénégalais de décider de leur choix de restaurer ou non la peine capitale qui, on s’en souvient, a été abolie en 2004 sous Wade.

Seynabou Seck (6 ans)

La criminalité exercée ces derniers temps sur les femmes n’est pas sans rappeler la petite Seynabou Seck (6 ans), enlevée sur le chemin de l’école, en compagnie de son frère. C’était en 2006. Plus tard, elle sera retrouvée égorgée, ses membres inférieurs décapités et le corps sans vie jeté dans un verger à Keur Ndiaye Lô. Les 3 gardiens tenus pour suspects par la gendarmerie (Ibra Thiam, Abdoulaye Diallo et Babacar Kandji) finiront par être innocentés par la Cour d’assises de Dakar (devenue Chambre criminelle)  en 2010, après 4 ans de détention. Le meurtre qui s’apparente à un crime rituel ou (sacrifice humain)  reste toujours impuni. 

Penda Diagne (10 ans)

Le 10 octobre 2006, c’est au tour de la fillette Penda Diagne se subir un viol suivi d’assassinat, à Keur Massar. Ses chaussures ont été retrouvées non loin de la demeure de son bourreau. L’auteur des faits, Cheikh Diallo (37 ans), a été condamné par la Justice sénégalaise, en 2011. Une perquisition permettra de découvrir un pagne taché de sang et d’autres indices de preuves.Le sieur Diallo a un penchant particulier pour les fillettes, il est un pédophile. Il tentait souvent de détourner ses proies vers des endroits isolés. Ses proches l’ont décrit, au procès, comme une «personne immature et incohérente dans ses discours».  

Alima Diarra

A la gare ferroviaire de Dakar survenait le meurtre d’Alima Diarra, le 09 mai 2006. La découverte macabre a été faite par les éléments de la Sûreté urbaine. Ces policiers constataient le corps sans vie de la victime couchée sur le dos sur un matelas, du sang dégoulinant de ses narines. Outre le désordre total régnant dans la chambre, une tête de biche a été également abandonnée sur place par ses bourreaux. L’autopsie de révéler une «congestion généralisée des viscères par asphyxie mécanique à la suite de coups et blessures». La victime était une Malienne qui vivait dans l’enceinte de la gare ferroviaire avec sa famille et se livrait au commerce de tissus teints à l’indigo. Ce jour fatal, elle avait passé sa dernière nuit avec ses deux filles mineures, répondant aux noms d’A. Diakité et F. Traoré.

Penda Sène

Qui ne se rappelle pas de l’histoire de Penda Sène qui a été violée, tuée et jetée dans la rue, le 25 février 2006 à Rufisque ? Le cadavre a été retrouvé sous un grand arbre vers l’usine Bata, par la police locale. A l’arrivée des flics sur les lieux du crime, ils constataient une blessure très large au niveau du cou de la victime, provoquée par une arme tranchante. Au niveau des cuisses, des traces blanchâtres de sperme laissant penser à un viol suivi de meurtre étaient visibles. Les policiers trouvaient également sur les lieux un couteau tacheté de sang et un seau de couleur blanche contenant deux sacs en plastique appartenant à la victime. Le certificat de genre de mort établi le 27 février 2006 fait état d’une «plaie traumatique de cou qui a sectionné les vaisseaux du cou, la trachée et l’œsophage provoqué par une arme blanche à la suite de coups et blessures». L’enquête aura permis l’arrestation d’Ousseynou Guèye (36 ans, domicilié à Bargny) à son domicile. 

Ndèye Selbé Diouf (8 ans)

Ndèye Selbé Diouf disparaissait tragiquement le 05 octobre 2008. C’est cette jeune écolière qui venue en vacances à Guédiawaye, mais qui sera confrontée à une mésaventure qu’elle ne soupçonnait nullement. Elle a  été sauvagement violée avant d’être égorgée. L’auteur de ces faits est un certain Abdou Lahad Wade. 

Aïda Camara

Dans les locaux du Commissariat central de Dakar, Aïda Camara retrouvait la mort, le 3 décembre 2008. Un meurtre voilé sous le sceau du suicide. Avant de passer à l’acte, elle a écrit sur les murs du violon : «pardon mon mari, pardon mes enfants». Elle fait partie des 25 personnes victimes de tortures recensées par Amnesty et la Raddho sous le régime de Wade. Aïda Camara était arrêtée et accusée d’avoir empoisonné la Française Marie Claude Emonet, retrouvée morte dans la banquette arrière de sa voiture garée devant une maison aux Hlm Grand-Yoff, près du stade Léopold Sédar Senghor. La Brigade des affaires générales (Bag) avait ouvert une enquête, sur ordre du procureur Ousmane Diagne.

Fama Niane  (34 ans)

Le cas Fama Niane est toujours d’actualité. Le 12 mars 2009, elle a été retrouvée sur la plage de la Corniche ouest (Koussoum), découpée en 13 morceaux et mis dans des sachets. L’enquête qui avait porté ses soupçons sur Alioune Kandé finit par l’innocenter. Hélas, l’auteur qui a été poursuivi jusqu’à la frontière mauritanienne a échappé à la justice des hommes, du moins pour le moment.

Mously Lô (28 ans)

Si certains crimes de femmes surviennent dans la capitale, d’autres se font dans les régions. C’est le cas notamment de la commerçante Mously Lô (28 ans), assassinée à Touba le 24 avril 2009. Arrivés sur les lieux du drame, les enquêteurs ont trouvé la victime dans une chambre, le corps sans vie, avec des blessures visibles au niveau de la boîte crânienne et beaucoup de sang sur les yeux. Son meurtrier a été condamné, en 2014, à la perpétuité.

Maïmouna Ndione  (62 ans)

La banlieue dakaroise n’est pas épargnée. Le 31 août 2009, Maïmouna Ndione (62 ans) a été décapitée et découpée en morceaux, ses intestins et certaines parties de ces organes mis dans une bassine dans sa chambre. Alors que la tête, un bras et une jambe étaient enterrés dans l’arrière-cour de la maison. Cela s’est passé au quartier Ibrahima Mbengue à Guinaw-rails-sud. L’auteur de ces faits, Mamou Diaby, a été condamné à la prison à vie, il y a 3 ans.

La Chinoise Hu Pyeping (23 ans)

Le 14 août 2009, une femme asiatique nommée Hu Pyeping, était à moitié brûlé et ses membres attachés avec un ruban adhésif par son employé. Le médecin légiste conclura à une «strangulation, un traumatisme cranio-encéphalique et à des brûlures graves comme cause de la mort». L’enquête ouverte, à cet effet, a été à l’origine de l’arrestation du Chinois Yue Xu Yong, 23 ans, marin demeurant au quartier Point E.

Bigué Pouye (14 ans)

L’histoire tragique de Bigué Pouye (14 ans) n’a laissé personne indifférente. Ce fut le 10 décembre 2014 lorsqu’elle a été retrouvée nue, ballotée, violée et tuée, mains et pieds ligotés, le visage en sang, les dents arrachées. Elle a été assassinée par un homme hébergé et nourri par son propre père : Saliou Gano.   

Fatoumata Moctar Ndiaye  (63 ans)

Horrible fin que celle de Fatoumata Moctar Ndiaye, assassinée le 19 novembre 2016, alors que la communauté mouride célébrait le Magal de Touba. Elle a été tuée à son domicile à Pikine Khourounar. Ce crime (politique ?) implique une responsable politique de l’Apr qui jouissait de toute la confiance des femmes apéristes de la banlieue et qui a occupé plusieurs responsabilités de son vivant : 5ème vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), 3e adjoint au maire de Pikine, présidente des femmes Apr de Pikine, etc. l’auteur présumé des faits, Samba Sow dit Bathie, n’est pas encore jugé depuis 3 ans.

Yacine Coulibaly (56 ans)

«Aidez-nous à faire arrêter les assassins de Yacine Coulibaly». Tel est le cri du cœur de la famille de Yacine Coulibaly, 56 ans, tuée dans sa maison dans la nuit du 18 au 19 août 2016, à Keur Mbaye Fall. Retrouvée ligotée et bâillonnée dans sa nouvelle demeure où elle venait d’aménager depuis 8 mois seulement, Yacine Coulibaly devait préparer le baptême de sa petite fille née aux Etats-Unis. Les bijoux, les tissus et tout l’argent qui devaient servir à la préparation du baptême furent emportés. Presque trois (03) ans après les faits, ses assassins courent toujours. Trois ans après, le crime reste impuni.

Mariama Sagna  (35 ans)

La violence préélectorale a emporté, le 08 octobre 2018, Mariama Sagna, militante de Pastef tuée puis étranglée à mort à son domicile, à Keur Massar. Deux suspects sont en prison (Rebeuss) pour ce meurtre.

Bineta Camara  (23 ans)

Bineta Camara est la dernière victime de violences basées sur le genre. Elle a été victime d’une tentative de viol suivi de meurtre samedi 18 mai dernier à Tambacounda. L’auteur présumé des faits, Pape Aliou Fall, est placé sous mandat de dépôt, en attendant son jugement.

Coumba Yade (16 ans)

Coumba Yade a été également victime d’abus sexuel avant de passer de vie à trépas. Cette histoire presque passée inaperçue et qui a eu avant celle de Bineta Camara de Tamba s’est passée à Thiès.

Ndèye Sy (21 ans)

Jeune caissière dans une entreprise à Saly Portudal (département de Mbour), Ndèye Sy a été violentée puis violée par un homme accompagné d’un vendeur de parfum, le 6 mai 2019.  Un homme a fait irruption dans son lieu de travail et sans crier gare, l’a bâillonnée après l’avoir solidement ligotée aidé du vendeur de parfum. Son bourreau a introduit une bougie dans son vagin et l’a ensuite violée. Après son forfait, le jeune homme a abandonné la victime qui se débattait pour se libérer.  

Anta Thiam (49 ans)

Dans la nuit du 19 janvier 2019, Anta Thiam (49 ans) a été trouvée morte à son domicile au quartier Saly Tapée à Mbour. Vers 05 heures du matin, la brigade de recherche de Thiès s’est déportée sur les lieux pour les opérations de police scientifique et technique. Les interrogatoires ont donné une nouvelle piste du côté de Somone où un sujet étranger de sexe masculin âgé de 30 ans et originaire d’un pays limitrophe a été interpellé. Pour l’heure, 3 suspects sont arrêtés. 

WalfQuotidien

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