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JUSTICE : Malick Sall, 11e Garde des Sceaux depuis 2000

Exit Ismaïla Madior Fall, Malick Fall s’installe. Ils dévient le 4e ministre de la Justice sous Macky Sall et le 11e depuis 2000. Et c’est la seconde fois qu’un avocat accède à la Chancellerie, sous la seconde alternance. Le nouveau gardien du Temple de Thémis prend les commandes d’un secteur dont les attentes des acteurs sont nombreuses.

C’est la seconde fois, sous Macky Sall, qu’un avocat hérite du département de la Justice, après Sidiki Kaba. Me Malick Sall est nommé Garde des Sceaux hier, dans le gouvernement Dionne III. Il est avocat d’affaires, responsable politique de l’Apr, président du mouvement Malick pour tous, tous pour Macky (Mtm) et originaire de Matam. Le successeur d’Ismaïla Madior Fall devient le quatrième ministre de la Justice sous Macky et le 11e depuis 2000 après : Mame Madior Boye, Basile Senghor, Pr Serigne Diop, Cheikh Tidiane Sy, Me Madické Niang, Pr Moustapha Sourang, Me El Hadji Amadou Sall, Aminata Touré, Sidiki Kaba et Ismaïla Madior Fall. Malick Fall prend les commandes d’un secteur dont les attentes des acteurs sont nombreuses. Parmi les chantiers qui l’attendent, figure la réforme constitutionnelle devant conduire à la suppression du poste de Premier ministre dont plusieurs dispositions de la Charte fondamentale devront faire l’objet de révision. La mise en œuvre des propositions de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) et d’autres réformes constituent les dossiers chauds qu’il devra traiter en urgence.

Tous les Gardes des Sceaux qui se sont succédé sous Macky Sall, de 2012 à 2019, ont chacun une mission spécifique à la Chancellerie. Ils quittent le département de la Justice dès que l’objectif est atteint. Et chacun prend le soin d’enterrer la politique pénale instaurée par son prédécesseur.

Aminata Touré, le «tombeur de Karim Wade»

Première ministre de la Justice sous la seconde alternance, Aminata Touré, surnommée dans le milieu judiciaire le «tombeur de Karim Wade»,  avait fait de la traque (ou recouvrement) des biens mal supposés acquis son cheval de bataille. C’est sous son magistère que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a été réactivée, Wade-fils et ses partisans arrêtés, mis en prison, jugés et condamnés. Et plusieurs dignitaires de l’ancien régime ont été traduits devant la Crei ou interdits de sortie du territoire.  

Sidiki Kaba, le «bourreau des terroristes»  

Mission accomplie, Mimi s’en va. Elle monte en grade, devient Premier ministre et cède le fauteuil à Me Sidiki Kaba, l’ancien droit de l’«hommiste» que les acteurs et auxiliaires du secteur avaient collé l’étiquette de «bourreau des terroristes». L’ex-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (Fidh) s’est particulièrement distingué par la croisade contre le terrorisme. Sous son règne que le Sénégal a procédé à un nombre record d’arrestations de présumés terroristes sénégalais et étrangers, hommes et femmes, mineurs et adultes, musulmans et chrétiens. C’est également avec lui qu’il y a eu le premier procès pour terrorisme en terre sénégalaise. C’était en 2015 avec l’imam Ibrahima Sèye, professeur au lycée Alpha Mollo Baldé à Kolda. Il a été condamné à 2 ans ferme pour avoir qualifié le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, de «mécréant», lorsqu’il avait pris part à la marche de Paris contre l’attentat de Charlie Hebdo, il y a quatre ans. Il y a eu ensuite le groupe à Assane Kamara et Ibrahima et celui de l’Imam Ndao. Et récemment, le procès de la 4e vague : l’élève Saër Kébé et l’imam Dianko.

Ismaïla Madior Fall, «l’artisan des réformes» 

L’objectif atteint, Sidiki Kaba quitte la Chancellerie qu’il laisse à son collègue Ismaïla Madior Fall (IMF), «l’artisan des réformes» ou encore le «tailleur de la Constitution». Troisième Garde des Sceaux sous Macky et le 10e depuis 2000, il a inscrit son mandat dans une dynamique de «modernisation de la justice» et la «poursuite des réformes judiciaires» consolidantes. Tout comme Sidiki Kaba l’avait fait à Aminata Touré en enterrant la Crei et ses juges et procureurs, IMF a également déconsolidé la lutte contre le djihadisme initié par son prédécesseur à la Place Washington, devenu ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Dionne II. Sous IMF, la justice a desserré l’étau autour des présumés terroristes : les procès et les auditions se sont accélérés, des détenus accusés d’actes terroristes libérés sans procès. Mais de nouvelles réformes judiciaires ont également vu le jour. Il part en laissant un secteur qui est à la croisée des chemins.

WalfQuotidien

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